L’histoire :
Pendant la campagne présidentielle, Julien, un hacker, est à l’œuvre, entouré d’Erwan et de Saffron, une fille d’à peine vingt ans. Tous trois jubilent car ils viennent de pénétrer dans le P.C. d’un responsable de la sécurité de l’énergie nucléaire. Par l’intermédiaire de la webcam, en direct, ils assistent sidérés au meurtre de Benoît Soubise, rentré chez lui inopinément, par deux cambrioleurs, eux aussi intéressés par son P.C.. Une fois remis de leurs émotions, le petit groupe d’écologistes décide de garder la vidéo et de disparaître.
Barbara Borzeix, depuis peu la compagne de Benoit, ignore encore son véritable métier. C’est elle qui découvre le corps dans la soirée et elle apprend de la bouche du commandant Pâris qui il était en réalité. Occupant elle-même un poste important au service juridique du groupe P.R.G., elle se doute que l’affaire n’est pas si simple.
De plus, l’un des candidats à l’élection présidentielle, très proche de ces milieux, n’a aucun intérêt à ce que l’on découvre entre les deux tours ses projets de privatisation et a plutôt intérêt à ce que la piste des « éco-terroristes » se concrétise. Bien vite, tous pressentent que personne n’en sortira indemne.
L’avis d’Odile :
Dès le départ, cette enquête se révèle plus complexe qu’il n’y parait. Très vite, on a hâte de savoir qui commande qui, ensuite qui manipule qui et surtout pourquoi. Mais bientôt, les pièces du puzzle se mettent parfaitement en place.
Ce que j’ai aimé, c’est la manière de présenter presque simultanément les réactions aux évènements des uns et des autres. La semaine décisive entre les deux tours de l’élection, durant laquelle tout est possible, met en évidence les influences réciproques du monde politique et du monde économique. Pour rester près du pouvoir, certains sont prêts à couvrir des actes répréhensibles sans aucun état d’âme. D’autres ne veulent pas savoir et laissent faire. D’autre part le décalage entre les discours, les promesses faites aux électeurs et la réalité de leurs préoccupations fait frémir. Les faits collent tellement au réel qu’on se dit que cette histoire est peut-être vraie et qu’en fait, les puissants vivent dans un microcosme complètement détachés des réalités de la vie courante.
C’est un polar noir, très noir, que l’on a du mal à lâcher. L’écriture, les phrases courtes et nerveuses s’adaptent parfaitement à l’intrigue et renforcent la tension et le suspens. On sait peu de choses des personnages mais en quelques traits et quelques éléments de leur passé, ils acquièrent une véritable épaisseur. C’est une réussite et je pense qu’il peut aussi éclairer d’une lumière assez crue quelques évènements récents.
A lire absolument.
Dominique Manotti sera présente au festival Mauves en Noir les 13 et 14 avril 2013