L’histoire :
En août 2003, au 36 Quai des Orfèvres, comme partout ailleurs, c’est la canicule. Aucun répit pour le commissaire Mistral, à la tête de la brigade criminelle, qui doit résoudre 3 meurtres. En effet trois femmes sont retrouvées mortes, les mains liées, le visage lacéré à l’aide de morceaux de miroirs brisés et recouvert d’un linge blanc et de surcroît elles ont été violées post-mortem. De plus, toujours posé sur le cadavre, un papier sur lequel figure une phrase de l’Ecclésiaste renforce encore le mystère.
Trois autres meurtres, en tout point semblables, ont été commis quelques mois auparavant dans l’Oise, … le coupable a été arrêté et se trouve toujours en prison…
L’avis d’Odile :
D’emblée, le lecteur entre en contact avec un inconnu, certainement un assassin et le ton est donné.
Tout de suite après, c’est l’immersion totale dans le quotidien des hommes de la Brigade Criminelle du 36, mais aussi dans leur vie personnelle, avec leurs déboires, leur fragilité et leurs insomnies. On assiste à l’organisation de leur travail, à leurs doutes et à la progression de l’enquête. Chose curieuse, parallèlement on suit les pas de l’assassin. Comme, nous semble-t-il, nous avons une longueur d’avance, nous essayons de comprendre, mais c’est trop dur.
En fait, le lecteur court loin derrière, lui aussi épuisé par la canicule et la mort qu’elle génère, par ces deux mondes si différents dans lesquels il lui faut tour à tour plonger et qui finiront, on n’en doute pas une seconde, par se rejoindre.
Tout est là pour rendre ce mois d’août encore plus oppressant : la sueur, les nuées de mouches autour des cadavres, le bruit, la douleur dans la tête malade de l’assassin.
C’est éprouvant, angoissant, mais la petite note finale nous réconcilie tout de même avec la vie.
Frisson et suspense, tout est là et c’est superbement bien écrit. A lire absolument.
Jean Marc Souvira, lauréat du Prix de la Ville 2011, était présent au festival Mauves en Noir 2011.