Festival polar 2012


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  • « La frontière » de Patrick Bard

    L’histoire :

    L’hiver 1997, Toni Zambudio, journaliste d’investigation pour le journalespagnol « El Diario » est envoyé à Ciudad Juárez, ville située à la frontière Mexique/USA, bordée par le désert de Sonora. Il doit enquêter sur les viols, tortures, mutilations et assassinats de 53 jeunes filles. Ce sont pour la plupart des ouvrières des « maquiladoras », filiales de multinationales qui les emploient pour un salaire de misère.
    Toni fait son travail, domaine dans lequel il excelle. Il interroge le chef de la police Alfonso Pazos, l’avocat d’un des accusés, se rend à la colonia Fronteriza où vivait Catalina Cruz, une des victimes… et il s’imprègne de l’atmosphère étouffante de la ville. Au fur et à mesure que les pistes se multiplient et que l’horreur pénètre dans sa tête, il se cogne durement à la réalité. Inopinément, le passé ressurgit sous la forme d’un cauchemar récurrent. En effet, enfant, il avait vu assassiner sa mère sous ses yeux.
    Et l’enquête l’entraîne toujours plus loin …
    L’avis d’Odile :
    Sans crier gare, la première scène nous fait pénétrer dans l’univers des « maquiladoras » au travers du vécu quotidien des ouvrières maltraitées jusque dans leur intimité. Dans ces lieux, les murs suent la violence et les êtres humains n’en sont plus. Reste : le profit à tout prix.
    Toni Zambudio est un journaliste comme on les aime avec ses qualités et ses faiblesses. On sent bien qu’il va explorer toutes les pistes qui se présentent à lui.

    A la poursuite de la vérité, il va se trouver confronté à toutes les plaies qui gangrènent ce pays : corruption, drogue, misère … et j’en passe, jusqu’à s’y perdre lui-même.

    Bien construite, l’intrigue distille l’effroi à chaque page et le pire n’est jamais loin. Une éprouvante course à l’abîme se déroule sous nos yeux et avec une violence inimaginable, cette société qui veut toujours davantage de profit broie tout sur son passage. Et si ça nous fait si mal, c’est que cette situation est, hélas, bien réelle.
    Réalité et fiction se mêlent d’une manière tellement intime, qu’il est impossible de rester indifférent.
    A lire absolument.
    Patrick Bard était présent au festival Mauves en Noir 2011.


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