Dès le départ, on n’a vraiment pas envie de vivre à Grenoble, ville froide qui « pue la mort », ni de suivre les pas de l’inspecteur Eric Darrieux dans le quartier des Eaux Claires où des enfants disparaissent. Malgré l’humanité de ce dernier et l’attachement que, d’emblée, on ressent pour lui, on a peur d’être engloutis dans cette société glauque que le tourbillon de l’enquête nous montre de l’intérieur. Confrontés aux ravages de l’alcoolisme, le lecteur est aussi révulsé par la maltraitance et la pédophilie dans la dualité bourreau victime.
Ce roman très noir, très bien écrit, nous conduit inéluctablement vers une fin peu attendue, mais tellement logique.
L’avis d’Odile :
Ce que j’ai aimé dans ce polar, c’est que ce n’est pas, une fois encore, l’enquête d’un flic revenu de tout et « alcoolo » de surcroît. C’est autre chose et bien plus que cela.
Dans cet ancien quartier ouvrier, mais toujours au centre de l’histoire, livré aux mains des rénovateurs et autres promoteurs, Eric Darrieux, solitaire, poursuit sa quête de la vérité.
C’est éprouvant, tant l’abîme qui s’ouvre devant lui semble sans fond. Les situations et états d’âmes sont si bien analysés qu’on sort troublé de cette lecture avec l’impression d’avoir assisté en direct aux ravages causés par les multiples dérives de notre société.
Marin Ledun sera présent au festival Mauves en Noir 2012.
