Festival polar 2012


  • Mots clefs Hugo Buan
  • J’étais tueur à Beckenra City – Hugo Buan

    L’histoire :

    Il avait déjà seize ans lorsqu’on le retrouva inanimé sur le trottoir, dans un coma léger, près du salon de coiffure « Chez Leonard ». Comme il était totalement amnésique, on l’appela Leonard.

    L’Etat se chargea de son éducation et à l’âge de 18 ans, il s’engagea dans l’armée, dans les Forces Spéciales.  A 33 ans il devint mercenaire et rentra avant que cela ne tourne mal. Ayant besoin d’argent, il devint « chasseur de primes » et accessoirement tueur à gages, au service du Juge Laupper qui avait trouvé ce moyen pour débarrasser sa ville des éléments indésirables.

    Leonard vit à Beckenra City. Si cette ville existait, elle pourrait se trouver n’importe où sur le continent sud-américain. Cernée par des montagnes, traversée par un fleuve aux allures de torrent et d’égout, bordée de marécages, cette cité donne froid dans le dos. C’est une ville d’immeubles, de gratte-ciel et de somptueuses résidences où vivent les privilégiés. Par contre à une dizaine de kilomètres, des « Logements Sociaux Localisés » (LSL) abritent, si l’on peut dire, « les marécageux », tous, des damnés de la terre, auxquels Leonard voue une haine tenace.

    Le juge apprécie ses qualités : sa parfaite connaissance des armes, son sang-froid, pas d’état d’âme et très peu d’attaches. C’est pour toutes ces raisons qu’il lui confie ce contrat : éliminer Luth Miller, la bourgmestre de Beckenra City. La tâche s’annonce ardue, d’autant plus que des obstacles imprévus surgissent sur son chemin.

     

    L’avis d’Odile :

    Plus j’avance dans ma lecture, plus je me demande par quel procédé Hugo Buan réussit à rendre attachant ce genre de héros, noir et solitaire s’il en est : le tueur à gages. Je n’en sais toujours rien, mais le fait est là, j’ai beaucoup aimé cette histoire qui sort des sentiers battus.

    Peut-être à cause du mystère qui l’entoure, de sa curieuse « naissance » à 16 ans … C’est un homme qui n’a aucune pitié et bien qu’il ne se concentre que sur 2 choses : honorer son contrat et assurer sa sécurité, on a malgré tout envie qu’il s’en sorte ; et aussi, peut-être, parce que, quelques détails disséminés ici et là, font de lui un être humain. En effet deux personnes ont l’air de compter pour lui : Mercedes et Castro. De par son passé, ses expériences, sa forme d’intelligence, il semble indestructible. Son attachement fusionnel aux armes, son extraordinaire capacité à les manier, son esprit machiavélique capable de monter n’importe quel improbable scénario, sont sidérants.

    Il semble être un pur produit de l’architecture et de la conception de cette ville sortie de l’imagination d’Hugo Buan et qui est un chef d’œuvre de précision dans laquelle rien n’a été laissé au hasard. Elle est omniprésente dans ce récit et joue un rôle primordial dans la déchéance de cette société, pourrie de l’intérieur et qui vacille sur ses bases peuplées de caïmans noirs.

    Bref il règne dans cette ville un climat de violence qui peut exploser à tout moment, mais en essayant de deviner qui allume l’étincelle, le lecteur peut s’y perdre et se faire avaler par le Fleuve aux aguets. Rien n’est laissé au hasard et surtout pas les scènes d’action qui sont époustouflantes. Tout au long de la lecture, je n’ai pas eu un seul moment de répit, tout en ayant l’impression d’être la proie d’une implacable mécanique bien huilée broyant tout sur son passage, en accord avec Leonard, jusqu’à ce dernier soit confronté à plus retors que lui.

    Surprenant et attachant, c’est un ouvrage à lire absolument.

    Hugo Buan  sera présent au festival Mauves en Noir les 13 et 14 avril 2013


  • « L’œil du singe » de Hugo Buan

    L’histoire :

    Décidément, il se passe d’étranges choses dans la région rennaise.

    Maxime Lachamp, paléoanthropologue de renom se réveille à l’hôpital avec un énorme pansement sur le crâne, sans savoir ce qui lui est arrivé. Soigné par le

    docteur Sandeau, un éminent neuropsychologue et chouchouté par sa femme Nathalie, il se remet tant bien que mal de sa chute de vélo dans la forêt. Peu à peu des

    bribes de souvenirs refont surface et un puzzle, pour le moins étrange, se met en place.

    Par l’intermédiaire d’un ami pharmacien, il contacte le commissaire Workan et décide de lui confier que, dans la forêt, il a été agressé par 2 hommes qui l’ont obligé à enterrer un défunt. Intrigué, le policier décide de vérifier ses dires, mais, bien entendu, il n’y a pas le moindre cadavre à cet endroit.

    Pendant ce temps, à la morgue de l’institut médicolégal, on découvre un inconnu décédé et non identifié… et le commissaire est loin d’arriver au bout de ses surprises…

    L’avis d’Odile :

    Ce que j’ai aimé dans ce polar, c’est l’intrigue tarabiscotée à souhaits et sortie on ne sait comment de la tête d’Hugo Buan.

    C’est un vrai plaisir de retrouver encore une fois le commissaire Workan et son équipe si particulière, en train d’essayer de démêler un imbroglio qui semble se compliquer au fur et à mesure que l’enquête avance.

    Bâtie sur une base scientifique bien documentée, j’ai pris plaisir à suivre les méandres de cette intrigue car très vite on renonce à anticiper la solution et, au détour de chaque page, on s’attend au pire qui bien sûr se produit.

    Le caractère de Lucien Workan s’affirme et s’il est toujours désagréable, agressif et j’en passe, on comprend mieux son attitude parfois brutale et l’on se demande pourquoi il est tout de même attachant. Le monde des chercheurs avec ses rancoeurs, ses sous-entendus, ses manipulations est évoqué en fond sonore et non sans humour.

    Un bon moment de lecture…


  • « La nuit du tricheur » de Hugo Buan

    L’histoire :

    Tout d’abord, une bande plus proche des « pieds nickelés » que du grand banditisme enlève un enfant, puis le relâche. Ce dont on est sûr, c’est que les motivations ne sont claires pour personne. On commence à flairer l’embrouille en apprenant le nom du « cerveau » des malfrats : Fletcher Workanowski, cousin de Lucien Workan, commissaire de police judicaire à Rennes où, comme par hasard, plusieurs tableaux de Georges de La Tour vont être exposés au couvent des Jacobins.

    Lorsque le trio se déplace à Tours, c’est pour rencontrer un dénommé Charbonot, apparemment faussaire de génie. Pendant que le mystérieux plan se met laborieusement en place, à Rennes, la sécurité est sur les dents car on vient de retrouver le cadavre de l’envoyé du ministère de la culture flottant dans un canal…

    L’avis d’Odile :
    Dès les premières pages, le ton est donné et nous sommes bien dans la lignée de « Cézembre noire » et d’« Hortensias blues ».

    Au fil de ses œuvres, Hugo Buan n’a nullement perdu son sens de l’humour et certains passages franchement hilarants valent le détour.

    Chaque personnage est dessiné à coups de pinceaux vigoureux, avec en plus quelques détails qui font que, si d’aventure vous le rencontrez, vous ne pourrez pas ne pas le reconnaître. Entre balades dans la ville de Rennes et considérations sur l’art, l’intrigue, riche en rebondissements, ne laisse aucun répit au lecteur. Tout ce petit monde enquête, s’engueule, aime et vit. Les dialogues sont savoureux et tous les milieux sont égratignés.

    A mon avis, c’est bien plus qu’un roman policier, c’est une véritable bouffée d’oxygène.

    Hugo Buan était présent au festival Mauves en Noir 2011.



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