Salomon Rulfo, 35 ans, professeur de littérature au chômage, aime la poésie. Il pense résoudre ses problèmes en les noyant dans l’alcool mais un cauchemar, toujours le même, hante ses nuits. Epuisé, il décide de consulter le docteur Ballestero pour tenter avec lui de trouver une explication plausible.
Mais le soir même, dans une émission télévisée, apparaît une maison ayant été le théâtre d’un crime sanglant quelques temps auparavant, la même que dans son rêve. Il n’a aucun doute et la femme assassinée est bien celle qui l’appelle à l’aide toutes les nuits. Il s’agit de Lidia Garetti, la propriétaire des lieux. Il décide de s’y rendre et, devant la maison, rencontre Rachel, une jeune prostituée qui, elle aussi, fait le même cauchemar que lui. La porte étant ouverte, ils pénètrent dans cette étrange demeure remplie de livres de poésie et de portraits de femmes portant un médaillon en forme d’araignée dorée. Un aquarium et une statuette aiguisent aussi leur curiosité. Salomon est loin de se douter qu’ils ont réveillé les 13 dames, toutes membres d’une secte venant de la nuit des temps et qui ont inspiré les plus grands poètes.
Et à partir de ce moment là, les évènements s’accélèrent, car sans le savoir, il a pénétré dans un monde où les mots de la poésie ont un pouvoir destructeur et influent sur la destinée.
L’avis d’Odile :
Presque malgré moi, j’ai été embarquée dans cette histoire qui, dès le début plonge le lecteur dans le monde de l’étrange de la manière la plus horrible qui soit. Ce jeux de piste, à partir de la maison du cauchemar, nos entraîne dans les brumes d’un labyrinthe sans porte et sans fenêtres pour tenter de percer le mystère et détruire la dame n°13. Il est jalonné d’apparitions, de tortures à la limite du supportable, de références poétiques et malgré cela je n’ai pas pu le lâcher. Jamais on ne sait dans quel monde on se trouve, les lieux sont réels mais ce qui les entoure peut-être pas. On est toujours à la frontière et, lorsqu’un évènement banal nous enfonce dans l’irrationnel, peu après tout semble revenir à sa place mais au détour d’une page nous nous heurtons à une cruauté à peine imaginable. Qui aurait pensé que la poésie avait ce pouvoir destructeur ?
L’atmosphère est oppressante et si, quelques pages de respiration sont disséminées çà et là, c’est pour nous replonger ensuite dans un monde d’horreur mais tout de même envoûtant. L’écriture, toute imbibée de poésie est vraiment en adéquation avec cette histoire. Elle nous saute à la figure, tant le cadre est décrit avec minutie et l’émotion qui nous submerge est intense.
Lorsqu’on revient dans notre vie quotidienne on ne peut que s’interroger sur le véritable pouvoir des mots.
A coup sûr, vous aurez du mal à en sortir indemnes.
José Carlos Somoza sera présent au festival Mauves en Noir les 28 et 29 avril 2012.
