Sylvain Michalski est écrivain et il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale. Resté seul à Limoges pour écrire, il décide de rejoindre sa femme Marlène et ses deux filles à Royan.
Sa vie a basculé il y a 12 ans. C’est, en effet, lui qui a été pris en otage, lors d’une fusillade devant la gare, par le couple Sandrine Lloebbe et Ambroise Pelletier. Grièvement blessé lors de l’assaut du GIGN, il est tombé dans le coma. A sa sortie, 2 ans après, il est resté totalement amnésique. Il ne lui reste aucun souvenir de sa vie d’avant ni de ce qui s’est réellement passé avec ses 2 ravisseurs dans l’ancienne mine de tungstène où il était séquestré. Seul son organisme se souvient de sa soif inextinguible d’alcool. Lui qui a été abstinent pendant 12 ans cède a la tentation et c’est à partir de ce moment, mais aussi de la réapparition de Sandrine que, d’une manière on ne peut plus chaotique, la mémoire va revenir…
Ce que j’ai aimé dans ce polar, ce sont les mécanismes de la mémoire ; comment ressurgissent les événements et le mystère des éléments déclencheur.
Ici, c’est en partie l’alcool, encore présent dans le corps du héros, qui joue ce rôle. Cela donne un récit étrange qui nous plonge, d’une manière obsédante, dans la souffrance à l’aide de flash-back, d’articles, de révélations partielles ; sa quête de la vérité devient bientôt la nôtre. Les vies se superposent, s’entremêlent et nous ne savons plus où nous sommes. Les différences de typographie nous aident à nous situer dans le temps, jusqu’à ce que le rythme s’accélère et que, enfin, tout semble se mettre en place. Ce cerveau, aussi détruit que le corps, reconstruit bribes par bribes et par forcément dans le bon ordre les événements passés.
A lire d’une traite et sans modération.
Fred Gevart sera présent au festival Mauves en Noir les 28 et 29 avril 2012.
