Aux vents mauvais - Elena Piacentini

 

Le début de l'histoire :

          

Peut-être bien que tout a commencé à la Réunion, en d’autres temps avec ce couteau que le jeune Jean-Toussaint a eu tant de mal à acheter et que finalement il a caché dans le creux d’un camphrier …

Mais très vite les temps changent et le lecteur se retrouve près de Lille, au cœur d’une enquête du commandant Léoni. C’est la découverte, dans la cave d’une maison vouée à la démolition, du cadavre momifié d’une jeune noire dont la mort violente ne fait aucun doute, qui déclenche les passions…

           

Ce que j'ai aimé : 

        

Tout d’abord j’ai aimé cette nouvelle rencontre avec le commandant Leoni et les siens.

Certes, le lecteur intrigué peut se demander comment l’enquête et les destins personnels vont finir par croiser l’Histoire de ces faits pas si lointains mais de nos jours oubliés.

Qui se souvient encore de ces petits réunionnais arrachés à leur île pour venir repeupler la Creuse           en main d’œuvre docile et bon marché avec la complicité de l’Etat et des Services Sociaux. Mais pour cela on peut compter sur le souffle puissant des « vents mauvais » qui véhiculent racisme, violence et lâcheté ordinaire entraînant crimes et cruautés.

Mais, par-dessus tout, j’ai aimé les personnages de Jean-Toussaint et Marie Eve dont l’amour résiste à la désespérance. Cette fois encore, il y a, dans cette œuvre, la nature omniprésente, vivante, décrite avec des mots qui la rendent presque humaine. C’est à travers elle que s’expriment l’amour et le désespoir de ces deux êtres et c’est tellement vrai que tempêtes et éclaircies vibrent autour de nous.

Tout commence avec l’arbre, le camphrier, la cachette de Jean-Toussaint et c’est dans un chêne qu’il dépose les mots destinés à Marie Eve. C’est encore le bois qui lui permet de survivre lorsque le chagrin et la perte se matérialisent dans la sculpture d’êtres chers qu’il recrée autour de lui.

 

C’est un vrai plaisir de se perdre et de se retrouver dans le labyrinthe de cette enquête en se demandant à chaque instant jusqu’où vont nous conduire ces « vents mauvais ».

 

C’est une œuvre originale et un vrai plaisir de lecture.

A lire absolument.

 

Elena Piacentini était présente au festival Mauves en Noir 2017.

 

​Odile D.