Le violoniste   -   Mechtild Borrmann

 

L’histoire commence ainsi :

 

A Moscou, en mai 1948, Ilia Vassilievitch Grenko déchaîne un tonnerre d’applaudissements à la fin du concert pour violon en ré majeur de Tchaïkovski, mais en arrivant dans sa loge avec son Stradivarius, deux hommes en noir l’arrêtent et le conduisent sans ménagement à la Lubianka, repère du KGB. Il est incarcéré sans même avoir le temps de prévenir sa famille… 

 

L’avis d’Odile : 

 

De but en blanc, ce roman projette le lecteur à Moscou en mai 1948 dans un milieu de virtuoses et de prodigieux concerts. Il peut s’attendre à suivre une banale intrigue classique, pour peu qu’il oublie qu’il se trouve dans l’URSS communiste. Dès le début, il est exposé, tout comme Ilia Grenko aux abominations du régime stalinien : mensonges, trahisons, aveux extorqués, déportations, goulagen toile de fond et pire encore.

 

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est la construction originale de cette œuvre, car, en fait, il s’agit de trois récits de trois personnes d’une même famille dans des époques et des lieux différents. La virtuosité de l’auteur transporte le lecteur de Moscou au Kazakhstan puis au Goulag et en Allemagne.

Au-dessus, plane l’ombre du Stradivarius disparu et point de convergences de toutes les convoitises.

Les ramifications de cette histoire se propagent jusqu'à nos jours en essayant de broyer le quotidien de Sasha Grenko, le petit fils d’Ilia. Au passage elles  happent le lecteur qui a du mal à se détacher de ces destins et de ces horreurs    

C’est un roman noir original, sur fond historique, qui ne peut laisser personne indifférent.

             

Mechtild Borrmann est invitée au festival Mauves en Noir les 23 et 24 avril 2016